Comment fixer son TJM en freelance ?
Fixer son TJM, ce n'est pas deviner un prix : c'est un calcul qui part de ton objectif de revenu et de tes jours réellement facturables. Ce guide pose la méthode, puis te renvoie vers les simulateurs pour l'appliquer à tes chiffres.
Publié le 27 octobre 2026 · Faits vérifiés sur les sources officielles le 27 octobre 2026
1. Ce que le TJM représente vraiment
Le TJM, ou taux journalier moyen, est le prix hors taxes d'une journée de prestation. Il n'existe pas de barème officiel : ton tarif se construit, il ne se lit pas dans un tableau. C'est un prix de vente, pas un salaire déguisé.
Ton TJM doit couvrir bien plus que ton revenu : les cotisations, les impôts, les frais de l'activité, les jours non facturés et les périodes sans mission. Raisonner en « salaire net souhaité ÷ jours travaillés » sous-estime presque toujours le tarif nécessaire.

Ton TJM n'est pas ton salaire. C'est le prix d'une journée qui doit payer tout le reste : charges, impôts, congés et jours sans mission.
2. La méthode : partir de ton objectif, pas du marché
Commence par ton objectif de revenu net annuel. Ajoute les cotisations sociales et l'impôt correspondant à ton cadre (micro, SASU, EURL), puis tes frais professionnels : matériel, logiciels, assurance, comptable, déplacements. Tu obtiens le chiffre d'affaires hors taxes à réaliser.
Divise ensuite ce chiffre d'affaires par tes jours réellement facturables. Sur une année, tous les jours travaillés ne sont pas facturés : prospection, administratif, formation, congés et intercontrats réduisent le compte. Beaucoup de freelances retiennent entre 120 et 160 jours facturés, mais c'est ton rythme réel qui compte.

Le marché donne un repère, pas une réponse. Ton tarif doit d'abord tenir la route avec tes chiffres à toi.
3. Compter ses jours facturables avec honnêteté
Une année compte environ 254 jours ouvrés. Retire les congés, les jours de prospection, l'administratif, la formation et une marge pour les périodes sans mission. Le nombre de jours facturés est souvent bien inférieur à ce qu'on imagine au départ.
C'est le point le plus sous-estimé du calcul : un TJM correct avec trop peu de jours facturés produit une année creuse. Le simulateur de trésorerie sur 12 mois permet justement de visualiser l'effet d'un mois sans mission ou d'un retard de paiement.
4. Vérifier la cohérence avec le marché
Une fois ton tarif calculé, compare-le à ce qui se pratique pour ton profil : missions comparables, retours de pairs, repères sectoriels. L'indice Syntec, qui mesure l'évolution du coût de la main-d'œuvre dans les secteurs du numérique et du conseil, peut servir de repère de tendance — ce n'est pas un barème de TJM freelance.
Si ton tarif calculé est très au-dessus des prix observés, deux pistes : enrichir ta proposition de valeur (spécialisation, résultats démontrables) ou revoir tes hypothèses. S'il est en dessous, tu as peut-être une marge de progression.

Un tarif trop bas ne se rattrape pas en travaillant plus : il se corrige en ajustant le prix ou le périmètre.
5. Faire évoluer son tarif
Ton TJM n'est pas figé : il peut évoluer avec ton expérience, ta spécialisation et les conditions du marché. En cours de mission, une hausse se prépare avec des faits et une méthode — c'est l'objet du guide sur la renégociation.
Exemple fictif
Objectif : 80 000 € de chiffre d'affaires hors taxes sur l'année, avec 140 jours facturés. TJM nécessaire : 80 000 ÷ 140 ≈ 571 € HT par jour. Si seulement 120 jours sont facturés, il faut environ 667 € HT par jour pour le même chiffre d'affaires. Ces montants sont du chiffre d'affaires, pas un revenu net : cotisations et impôts restent à déduire.
Sources publiques
Texte rédigé et intégré le 7 octobre 2026. Cette date n’est pas une date de validation : aucune relecture par un professionnel n’a eu lieu. Les règles citées doivent être vérifiées auprès des sources ci-dessus, dont le contenu peut évoluer.