SASU, EURL ou micro-entreprise : comment choisir ?

Les vraies différences entre les trois cadres, les seuils et les questions à se poser avant de trancher.

Publié le 7 octobre 2026 · Faits vérifiés sur les sources officielles le 27 octobre 2026

1. D'abord, séparer trois notions

La micro-entreprise n'est pas une société : c'est un régime fiscal et social simplifié de l'entreprise individuelle. On la choisit pour la simplicité, pas pour sa forme juridique.

EURL et SASU sont deux sociétés unipersonnelles : une associée ou un associé unique. Elles ont un patrimoine distinct du tien, des statuts, un capital, et des obligations de fonctionnement.

La micro-entreprise n'invente donc pas une forme juridique : elle reprend celle de l'entreprise individuelle, avec des règles allégées.

Beaucoup d'arbitrages se règlent là : la question n'est pas « micro ou société » comme deux formes juridiques, mais « entreprise individuelle, avec ou sans régime simplifié, ou société ».

2. Le régime micro : ce qui le limite

Le régime micro-fiscal s'applique si ton chiffre d'affaires hors taxes reste sous des seuils. Pour les revenus perçus en 2026, la fiche officielle indique 203 100 € de chiffre d'affaires global et 83 600 € pour les prestations de services et activités libérales. Le dépassement ne fait sortir du régime que s'il se répète deux années de suite.

L'abattement forfaitaire sur le revenu imposable est de 71 % pour la vente, 50 % pour les prestations de services BIC, 34 % pour les activités libérales BNC. Tu es imposé sur une base fictive, pas sur tes dépenses réelles : tes frais comptent donc deux fois, une fois dans la trésorerie, jamais dans l'assiette.

En contrepartie, la comptabilité est réduite (livre des recettes, chiffre d'affaires déclaré) et les cotisations sont proportionnelles au chiffre d'affaires encaissé.

Seuils et abattements applicables aux revenus perçus en 2026 (fiche F23267, vérifiée le 27 octobre 2026).

Le micro est souvent le bon point de départ, à condition d'avoir une visibilité sur ton chiffre d'affaires. Si tu approches des seuils, la question du dépassement se pose avant le démarrage.

3. EURL ou SASU : les deux différences qui pèsent

Les paramètres utilisés par les simulateurs Indepside appliquent les règles connues pour les revenus et exercices 2026 : ils retiennent par exemple un impôt sur les sociétés à 25 % (15 % sous 42 500 € de bénéfice, dans les conditions de la loi), et une assiette de cotisations distincte selon que tu te verses un salaire ou des dividendes.

En EURL, tu es gérant majoritaire : cotisations sociales sur une large part de ta rémunération et des dividendes au-delà de 10 % du capital. En SASU, tu es président assimilé salarié : cotisations plus élevées sur le salaire, mais cotisations sociales quasi nulles sur les dividendes.

La protection n'est pas la même : la sécurité sociale des indépendants et le régime général des salariés n'offrent pas les mêmes droits, notamment sur les indemnités journalières et l'invalidité-décès. Ce sont des éléments à vérifier pour ta situation.

Exemple chiffré simplifié

Avec 60 000 € de rémunération en EURL et 45 % de cotisations sociales, l'assiette retenue donne environ 27 000 € de cotisations, soit 33 000 € de rémunération brute avant impôt. Une assiette de cotisations plus étroite ou un arbitrage dividendes/salaire change ce résultat.

Le choix dépend surtout de la répartition que tu envisages entre salaire et dividendes, et du niveau de protection que tu recherches.

4. Les critères à poser sur la table

Le chiffre d'affaires prévisible et sa marge : le micro devient coûteux si tes dépenses réelles sont élevées, la société si ton activité ne dégage pas de quoi financer son propre fonctionnement.

Le besoin de protection : mutuelle, prévoyance, retraite, indemnités en cas d'arrêt de travail.

La suite : associer quelqu'un, réinvestir, investir dans un projet avec un apport personnel.

Les contraintes acceptées : tenir des comptes, rédiger des statuts, faire approuver les comptes annuels, conserver des documents.

Aucun de ces critères ne se réduit au niveau d'impôt. La bonne question est souvent : qu'est-ce que je veux pouvoir faire dans trois ans ?

5. Ce que cette page ne remplace pas

Le choix du statut dépend de ta situation complète : situation du conjoint, revenus du foyer, montant des charges, besoins de protection, projets de financement.

Un professionnel (expert-comptable, avocat) peut confirmer les conséquences chiffrées et juridiques, et les ajuster si ton activité évolue.

Tu peux préparer la discussion avec un professionnel : chiffre d'affaires prévisionnel, dépenses, protection souhaitée, projets. C'est le meilleur usage de cette page.

Sources publiques

Texte rédigé et intégré le 7 octobre 2026. Cette date n’est pas une date de validation : aucune relecture par un professionnel n’a eu lieu. Les règles citées doivent être vérifiées auprès des sources ci-dessus, dont le contenu peut évoluer.

Ces contenus sont pédagogiques. Ils aident à comprendre et préparer des décisions ; ils ne remplacent pas une analyse personnalisée par le professionnel compétent. Les exemples ne constituent pas une recommandation de montage ou d'investissement. Michel est la mascotte d'Indepside, pas un professionnel du droit ou de la fiscalité.